Caspar David Friedrich

Caspar David Friedrich, né le 5 septembre 1774 à Greifswald en Poméranie suédoise et mort le 7 mai 1840 à Dresde, est le chef de file de la peinture romantique allemande du XIXe siècle.

Biographie
Débuts

Caspar David naît en 1774. Son enfance est marquée par la mort de ses proches qui, entre 1781 et 1791, décèdent un par un : à six ans, en 1781, il perd sa mère et sa sœur Elisabeth. En 1787, c'est son frère Christoph qui se noie dans la Mer Baltique (en faisant du patinage), et, en 1791, sa sœur Maria. Cela va avoir une influence sur l'un des deux thèmes de sa peinture, la mort, l'autre étant la nature et le respect de celle-ci.

Il étudie à l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague de 1794 à 1798, suite à quoi il s'installe à Dresde, en Saxe. Après quelques portraits, Friedrich s'oriente vers la carrière de paysagiste, et travaille sur des paysages de la Baltique, notamment l'île de Rügen.

Cependant, même si sa méthode de travail se fonde sur l'observation attentive de la nature, Friedrich, influencé par sa foi et la philosophie romantique, cherche rapidement à donner une dimension spirituelle à ses tableaux. Sa première grande peinture est le fruit d'une commande passée par le comte de Thun-Hohenstein qui cherche à orner un autel : Le Retable de Tetschen (1808). Par sa conception radicalement nouvelle qui place le paysage au centre d'un sujet religieux, Friedrich déclenche une polémique sur l'utilisation allégorique et mystique du paysage.

Succès

L'année 1810 est également l'année de sa première toile inspirée par ses randonnées dans les montagnes proches de Dresde (les monts Métallifères), Matin dans le Riesengebirge. S'ensuivront de nombreuses toiles ayant pour motif des montagnes de ce massif, perdues au milieu de brumes ou de nuages, tel un de ses tableaux les plus connus, Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818).

1813 est une année charnière pour Friedrich qui, à 39 ans, reçoit la visite du "Maître de Weimar", Goethe. Il expose également deux œuvres à l'Académie de Berlin, Le Moine au bord de la Mer, et L'abbaye dans une forêt de chênes. C'est un tel succès que le roi Frédéric Guillaume III de Prusse les achète. En guise d'anecdote, Le Moine au bord de la Mer aurait tellement impressionné Schinkel (le grand architecte du classicisme prussien) que celui-ci aurait abandonné la carrière de peintre pour s'adonner à l'architecture.

En 1819, Friedrich se lie avec Carl Gustav Carus (1789-1869), savant et peintre romantique, qui publie Neuf lettres sur la peinture de paysage. Dans ces lettres, on retrouve en substance l'idée que l'homme contemplant l'écrasante puissance du paysage naturel n'effectue pas seulement une démarche esthétique mais également mystique. C'est clairement une vision similaire qui guide Friedrich, qui fait de l'écrasement de l'humain devant la grandeur de la nature comme manifestation de Dieu, un des thèmes récurrents de son œuvre.

La « tragédie du paysage »

À partir de son mariage le 21 janvier 1818, la peinture de Friedrich se diversifie et inclut désormais de nombreuses figures féminines.

D'après les propres écrits de Friedrich, tous les éléments de la composition ont une signification symbolique. Les montagnes sont des allégories de la foi ; les rayons du soleil couchant symbolisent la fin du monde préchrétien et les sapins représentent l'espoir. Les tonalités souvent froides, l'exposition claire et les contours contrastés des tableaux de Friedrich mettent en relief l'aspect mélancolique, les sentiments de solitude et d'impuissance de l'homme face aux forces de la nature, que le peintre a voulu exprimer tout au long de son œuvre.

La palette s'éclaircit également. En 1820, Friedrich reçoit le grand-duc Nicolas (1779-1845), futur empereur de Russie, qui lui commande un tableau devant représenter un paysage nordique dans son « effroyable beauté ». Ce tableau, Le naufrage de l'Espoir (1820), aujourd'hui disparu, a longtemps été confondu avec un tableau de 1823/24, La Mer de glaces. Ce tableau qui dépeint le naufrage d'un bateau écrasé par des blocs de glace renoue avec le thème de la mort et de la Nature toute-puissante. C'est en voyant ce tableau lors d'une visite à l'atelier de Friedrich en 1834, que le sculpteur français David d'Angers aura un mot célèbre sur « la tragédie du paysage ».

Fin de carrière assombrie

Friedrich connaît ensuite un désintérêt progressif pour son œuvre et les problèmes financiers apparaissent en même temps que les problèmes de santé. Après une crise d'apoplexie en 1838, il abandonne la peinture à l'huile, puis progressivement le dessin qu'il arrête en 1839. Il meurt dans l'indifférence générale le 7 mai 1840, à Dresde. Son œuvre sera longtemps oubliée des critiques d'Art et son importance ne sera véritablement reconnue qu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle.



















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